Phase 3 — Analyse des données et propositions d’hypothèses de travail
But de la phase
Les accords d’entreprise, nous l’avons dit, sont des réponses aux besoins des membres de l’organisation. La phase précédente a permis de questionner les besoins afin de les rendre visibles, soit grâce à une démarche scientifique [alternative 1] soit par un outil issu de l’éducation populaire [alternative 2]. Quelle que soit la méthode utilisée, il est important de pouvoir tirer profit de ces entretiens afin de poser les bases du travail de construction des futurs accords. Il sera question de mettre en lumière les questionnements et les attentes formulées par les membres de la coopérative afin de mieux circonscrire les besoins.Cette phase a donc pour but de rendre compte des entretiens le plus fidèlement possible afin de proposer des hypothèses de travail pour le futur accord.
[Alternative 1] : La méthode scientifique d’analyse des besoins
Un entretien semi-directif est partial. Il peut être administré de manière différente suivant les personnes, les situations ou les environnements. La qualité des informations recueillies est aussi fonction de la grille d’entretien que l’on utilise. Si toutefois, on arrive à uniformiser du mieux possible les paramètres de l’entretien (environnement, grille d’entretien…) cela permettra une meilleure objectivisation des résultats obtenus. Cependant, la lecture des résultats obtenus peut, elle aussi, être partiale. Il est aisé de n’entendre que ce que l’on a envie d’entendre et de passer sous silence de manière consciente ou inconsciente certaines informations. Il est donc important de réussir à retranscrire au plus juste les paroles et les pensées des personnes interrogées. Pour cela, il existe des méthodes souvent utilisées en sciences sociales, qui consistent à analyser finement les entretiens semi-directifs. Dans un premier temps, il s’agit de retranscrire les entretiens littéralement, c’est-à-dire de reprendre les enregistrements audios réalisés et de les transcrire par écrit. Dans un deuxième temps, il sera question de réaliser un “codage”. Ce codage est une opération minutieuse qui permet d’associer des mots ou des phrases prononcées lors des entretiens à des mots clés relatifs à un thème ou un cadre d’analyse. Ici, comme cadre d’analyse, nous avons choisi de prendre la démarche QVCT issue des travaux de l’ANACT.
Cette démarche scientifique, souvent longue et fastidieuse, permet d’objectiver au mieux les propos tenus lors des entretiens et d’obtenir des résultats au plus proche des besoins.
Contenu et déroulé
Les participant·es, lors de la phase précédente, ont subi un entretien semi-directif. Cet entretien a été enregistré. La première étape sera de retranscrire les entretiens de manière littérale. Cette étape peut être réalisée par des logiciels appropriés qui permettent de gagner un temps précieux. Une fois la retranscription réalisée, il sera question de reprendre ces textes et de déceler ce qui est dit avec les domaines d’action de la démarche QVCT réalisés par l’ANACT. C’est ce qui constituera le cadre d’analyse.
Ces domaines d’actions sont au nombre de 6 :
- Organisation, contenu et réalisation du travail
- Compétences et parcours professionnels
- Égalité au travail
- Projet d’entreprise et management
- Dialogue professionnel et dialogue social
- Santé au travail et prévention
Pour cette partie aussi, il existe des solutions informatiques qui permettront de mettre en lumière les verbatims de chacun·e et de comptabiliser les occurrences que l’on retrouve dans les propos de l’interviewé·e.
Une fois réalisés les codages de tous les entretiens réalisés, il sera alors question de déceler les croisements entre les propos de la partie employeuse et ceux des salarié·es. Ces croisements alimenteront les hypothèses qui seront présentées aux membres de la coopérative.
Ces analyses seront résumées et consignées dans un document de synthèse qui sera remis aux membres de la coopérative.
Public cible de la phase (à qui s’adresse cette phase)
Les résultats de cette phase seront à l’attention des membres de la coopérative. Ce seront ces hypothèses qui constitueront les choix mis à disposition pour l’écriture des futurs accords.
Rôle de chacun·e lors de cette phase
- Accompagnant·e :
- Membres de la CAE :
Verbatims
“L’intérêt est de bénéficier de l’appui d’un expert + du travail de restitution que seules nous n’aurions pas pris le temps de faire. Ces phases ont permis de ne pas bruler d’étapes et de légitimer les partis pris par la suite”.
“Bonne animation des entretiens, écoute. Les hypothèses étaient bien posées. Il était donc difficile de choisir collectivement”
Durée de la phase
Cette phase doit s’inscrire dans un intervalle assez court. Le document de synthèse ne doit pas tarder à arriver à la suite des entretiens afin de rester dans une dynamique entretiens/analyse. Néanmoins, le travail à réaliser est assez conséquent afin de rendre compte des entretiens et de proposer des hypothèses de travail.
Avec quoi les participant·es repartent ? /Supports issus de cette phase
Les membres de la coopérative repartent avec un document qui explique :
La démarche d’analyse, c’est-à-dire les phases d’entretiens, de retranscription et de codage des entretiens, ainsi que le choix du cadre d’analyse.
La synthèse de l’analyse, c’est-à-dire la classification des verbatims qui souligne la pertinence des hypothèses
La proposition d’hypothèses de travail qui constituera le choix à réaliser pour l’objet de l’accord.
Attendus pour passer à la phase suivante
Afin de pouvoir passer à l’étape suivante, les membres de la coopérative auront à prendre connaissance du document “Analyse, Synthèse et Hypothèses”, ce qui permettra de valider les analyses et de choisir une hypothèse de travail (Phase 4).
[Alternative 2] : L’enquête conscientisante et l’analyse des besoins
Les entretiens de l’enquête conscientisante sont, comme les entretiens semi-directifs, partiales. Mais à l’inverse de la démarche scientifique, le tri ou le choix des éléments saillants de cette démarche ne sera pas effectué dans le but d’objectiver les résultats comme dans une démarche académique. Il aura pour but de rendre visibles les points de vue de chacun·e et de conscientiser ainsi les besoins globaux. Cette démarche sera donc collective et sera réalisée lors de la réunion des enquêté·es.
Contenu
Les entretiens réalisés par le staff ou par l’accompagnant·es auront été enregistrés ou des notes précises auront été faites. De ces documents, des moments saillants seront décelés et serviront de point de départ pour la phase d’analyse collective. Ainsi, les pépites entendues lors des 3 parties de chacun des entretiens (constat — analyse — pistes et proposition) seront notées et affichées sur 3 supports différents lors de la réunion des enquêté·es. Ces verbatims affichés constitueront le contenu principal de cette phase.
Déroulé
La réunion des enquêté·es, prévue de longue date, doit être préparée avec méthode. La relecture des entretiens permettra d’extraire des pépites (verbatims des propos saillants) qui seront en relation avec le but du projet. Une ou plusieurs pépites devront être trouvées au sein de chacune des 3 parties de l’entretien (constat — analyse — pistes et propositions). Ces pépites seront affichées par exemple sur 3 murs de la salle prévue pour la réunion des enquêté·es.
Dans un premier temps, les personnes présentes lors de cette réunion seront face à ces verbatims et passeront en revue les propos des un·es et des autres. Chaque phase sera prise dans l’ordre. L’animation de cette phase sera réalisée par l’accompagnant·es qui proposera aux personnes présentes de regrouper par grands thèmes les pépites affichées, sur les 3 parties.
Nota : Il est important, lors de cette phase, que chacun·e puisse s’identifier aux pépites, c’est pourquoi il faut s’assurer qu’il y a un nombre équivalent de pépites affichées par personnes interrogées. Chacun·e doit pouvoir dire : “ha, ça, c’est moi qui l’ai dit”.
Une fois les regroupements réalisés, l’animation va se concentrer sur les propos relatifs aux pistes et propositions. Suite aux regroupements réalisés des pépites, un ou plusieurs thèmes émergeront. Il sera alors question de reprendre ces thèmes et de les affiner dans un 2e temps.
Ce 2e temps est un temps de travail qui va consister à tirer les fils des propositions faites et de trouver des thèmes de travail pour l’écriture du futur accord. Il faudra alors rentrer dans les détails des propositions, de voir ce qui est déjà fait dans la coopérative et de déterminer collectivement les améliorations qui pourront faire l’objet d’un accord d’entreprise.
Public cible de la phase (à qui s’adresse cette phase)
Cette phase est une phase collective. Il est primordial qu’un maximum de personnes ayant participé aux entretiens puisse se rendre disponible pour cette réunion des enquêté·es. C’est avant tout un travail collectif de la part des membres de la coopérative qui est attendu.
Rôle de chacun·e lors de cette phase
- Membres de la CAE :
À la différence de la première alternative, plus académique, le choix sera fait entièrement par les membres de la coopérative, ce qui rendra peut-être les hypothèses de travail plus solides.
- Accompagnant·e :
Verbatims
“L’intérêt est de bénéficier de l’appui d’un expert + du travail de restitution que seules nous n’aurions pas pris le temps de faire. Ces phases ont permis de ne pas bruler d’étapes et de légitimer les partis pris par la suite”.
“Bonne animation des entretiens, écoute. Les hypothèses étaient bien posées. Il était donc difficile de choisir collectivement”
Durée de la phase
La réunion des enquêté.es doit prendre environ 2 heures.
Avec quoi les participant·es repartent ? /Supports issus de cette phase
Les membres de la coopérative partent avec une, voire plusieurs hypothèses de travail qui sont issues des entretiens faits en amont et de leur travail de synthèse réalisé lors de la réunion des enquêté·es.
L’accompagnant·es repartira de cette réunion avec une ou plusieurs propositions d’hypothèses de travail dont l’élaboration est le fruit d’un travail collectif.
Attendus pour passer à la phase suivante
À l’issue de cette phase, une ou plusieurs hypothèses devront se dégager. Ces hypothèses devront être en accord avec le thème de l’amélioration des conditions de travail.
